Mardi 24 février 2009
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Les derniers instants de la Mandragore..
Soleil qui s'élève au dessus de la grande mer. Je suis dissimulée dans la terre
Me berce de la beauté de ses rivages et de la richesse d'une nature sans ombrage
Berceau de l'humanité tu es méditerranée. Près de toi je suis née et ma tige s'est levée
Timide sans trop me montrer mais assez pour que l'homme m'ait trouvé capacités
Je suis Mandragore pour les plus grands de leurs torts, Mandragore juste pour un sort
M'enrichisse les rayons d'un soleil salvateur en attendant que ne vienne mon heure
Je suis plante, et sous la puissance de ta lumière je m'élève de ma terre nourricière
Jour après jour je fouille un peu plus son sol, entrailles qui permettent mon envol
En elle se trouve l'héritage de nos vies. Elle m'enrichit de ce qui provoque ton envie
Je suis nature, tu es homme. Je suis fragile fêlure et tu seras Bêtes de somme
Je suis poison utile à tes malveillances ou Aphrodite de tes fantasmes les plus intenses
Je suis remède, solution à tes désirs les moins louables, sorcellerie inavouable
Tu me dit capable de mirage, tu fais de moi mythe qui traversera les âges
Au près de moi cicatrise l'absence de mes sœurs, déracinées sans complaisance
Il m'a été donné de te faire rêver ou de te faire peur , pour le plus grand de mes malheurs
Le vent souffle sur moi, je plis mais ne rompt pas, le sol tremble sous les heurts de tes pas
Alors bourdonne autour de moi un monde que tu ne vois pas, signal de l'approche du trépas
Je ne m'affole pas. Nuit qui tombe et soudain vient le froid. Les frissons s'emparent de moi
Je te sais là et pourtant tu ne viens pas. J'entends le son d'un rituel que prononcent tes voix
Tu es homme et prédateur, adieu monde de plantes et de fleurs car tout en moi devient terreur
Alors la force qui m'enserre et me tire. Dernière émotion d'une mère qui en a vu tant partir
Dans ton monde on te dit sorcière, nous voilà partenaires. Je sens la peur dans tes prières
Ta main glisse avec soins sur ma tige et enlace avec attention mes racines. Caresses intimes
La mort me prend car la vie m'a faite concubine de tes besoins mais j'ignore ce que sera la fin
Se murmurent autours de moi les chants de la mémoire, pour moi l'histoire se continue dans le noir....